La production des AOP en Auvergne, zone de montagne, permet un maillage du territoire avec des fermes à taille humaine.
C’est un véritable outil d’aménagement du territoire et de valorisation de l’espace rural. Cette répartition des élevages sur les zones AOP contribue à maintenir un entretien des paysages et de la biodiversité... et des emplois ici !
Rappelons qu’en garantissant l’origine, l’AOP rend ces milliers d’emplois non délocalisables.
AOC / AOP : garantie d’origine et de typicité
Selon l’INAO , « l’Appellation d’Origine Contrôlée identifie un produit originaire d’une région ou d’un lieu déterminé dont la qualité ou les caractéristiques sont dues essentiellement à ce milieu géographique. L’AOC résulte de la combinaison d’une production et d’un terroir qui s’exprime par le savoir-faire des hommes. »
Grande soeur européenne de l’AOC, l’Appellation d’Origine Protégée, garantie d’origine et de typicité, protège désormais les fromages AOP d’Auvergne au niveau européen.

3 questions à Didier Larroucau, Président de l’AOP Bleu d’Auvergne et Responsable d’une fromagerie à Riom-ès-Montagnes appartenant à un grand groupe français.
- Comment expliquez-vous la présence de votre Groupe à Riom-ès-Montagnes ?
La raison est d’abord historique. Dans les années 1920, l’entreprise « l’Auvergne laitière » crée un entrepôt frigorifique (le premier du département !) qui va servir à affiner des fromages bleus au lait de vache (L’AOC n’existait pas encore pour le Bleu d’Auvergne ; elle a été obtenue en 1975). Les bleus étaient collectés « en blanc » dans les fermes de la région puis affinés à Riom-ès-Montagnes. Après guerre, le site se développe et commence à fabriquer du fromage (du Cantal) en plus de l’affinage des bleus. Mais c’est surtout à partir de 1970 que l’activité du site explose. Une laiterie moderne est construite pour traiter de grands volumes de lait qui sont transformés en Cantal et Bleu d’Auvergne. En 1991, la société est rachetée par notre groupe qui va y engager d’importants investissements pour augmenter la capacité de production, améliorer la qualité des produits, sans négliger son impact sur l’environnement comme par exemple, en construisant sa propre station d’épuration sur le terrain de la fromagerie !
Stratégiquement, il s’agissait de nous positionner sur le marché des AOC pour élargir notre « portefeuille fromager », en y apportant tout notre savoir-faire et développer la notoriété de produits de « prestige » auprès des consommateurs.
- Concrètement, quel est le poids économique d’une telle laiterie ?
Notre unité est en fait répartie sur deux sites, au coeur du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne. A Riom-ès-Montagnes, nous produisons annuellement 2 500 tonnes de Cantal et 1500 tonnes de Bleu d’Auvergne. A Allanche, à 35 km de là, nous fabriquons environ 1000 tonnes de Saint-Nectaire. Notre chiffre d’affaires annuel est d’environ 40 millions d’euros. Si la plupart de nos fromages sont destinés à la grande distribution en France, environ 10 à 15 % de nos Bleus d’Auvergne partent à l’export : Espagne, pays d’Europe de l’Est, Scandinavie et même Russie ! C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’appartenir à un grand groupe car notre unité, au coeur de l’Auvergne, bénéficie tout autant de la logistique et du réseau export dans 250 pays que n’importe quel autre site du Groupe.
Par sa position géographique (centrale dans la zone de chalandise des AOP ), entre l’A75, l’A89 et l’A20, la fromagerie bénéficie donc d’un rayonnement important, tout en étant implantée dans un environnement préservé.
- Centre de production, d’affinage, de conditionnement, plateforme d’expédition... Votre fromagerie doit être une véritable locomotive pour le territoire ?
Effectivement, 170 personnes embauchées alors que la ville compte moins de 3000 habitants, c’est important ! Nos employés ont des familles qui font vivre l’économie locale : les écoles, les services, les commerces... Mais n’oublions pas également qu’une entreprise laitière comme celle-ci fait travailler de nombreux sous-traitants de la région : fournitures d’emballages, d’énergie, de matériel, de pièces détachées, frigoristes... Sans compter les 400 producteurs laitiers que nous collectons et qui génèrent aussi leur propre impact économique. Nous estimons que c’est l’activité de plus de 2000 personnes qui est directement dépendante de notre production. Pour une zone rurale de montagne, c’est considérable.


















